Quatrième de couverture
MAURITIA Avant que l’océan ne reprenne Mauritia, les hommes y vécurent debout. Au cœur de l’océan Indien, entre Madagascar, Maurice et La Réunion, une mémoire ancienne sommeille sous les eaux. Longtemps, Mauritia ne fut qu’un nom donné par les géologues à un fragment continental englouti. Mais en 2048, une découverte vient troubler les certitudes : sous les couches de lave, de corail et de sédiments, quelque chose semble avoir été oublié. Pas une Atlantide. Pas une légende. Une civilisation. À travers l’histoire de Maleau, témoin d’un monde brillant avant son déclin, le roman raconte l’ascension puis l’effacement d’un peuple qui avait su maîtriser l’eau, bâtir des cités minérales et organiser la vie autour d’un équilibre fragile. Mais lorsque le confort devient une ivresse, lorsque l’abondance endort la vigilance, lorsque les signes du danger sont repoussés au lendemain, même les civilisations les plus avancées peuvent cesser de voir ce qui les menace. Dans le présent, des chercheurs tentent de comprendre ce que Mauritia a laissé derrière elle : des traces, des symboles, une mémoire transmise par les femmes, et peut-être un avertissement adressé à notre propre époque. MAURITIA est un roman de mémoire, d’eau et de bascule. Il interroge ce qui fait tenir une civilisation — et ce qui la détruit lorsque plus personne ne veut entendre les premiers craquements du monde.
Note d'intention
« MAURITIA Lorsque j'ai commencé à imaginer Mauritia, je ne voulais pas écrire un roman sur une civilisation disparue. Je voulais écrire un roman sur une civilisation qui avait tout réussi… avant de perdre l'essentiel. Le point de départ du récit est une hypothèse géologique bien réelle : sous les eaux de l'océan Indien se trouvent les vestiges d'un ancien continent, aujourd'hui connu sous le nom de Mauritia. Cette découverte scientifique ouvre une question fascinante. Et si ces terres englouties avaient un jour porté une civilisation dont nous n'aurions conservé que des fragments de mémoire ? Je ne cherche pas à réécrire l'histoire ni à proposer une vérité cachée. Je souhaite utiliser cette possibilité comme un cadre romanesque pour explorer une interrogation profondément contemporaine : comment une civilisation prospère peut-elle disparaître sans être vaincue par un ennemi ? Dans Mauritia, la catastrophe ne vient ni d'une guerre ni d'un cataclysme soudain. Elle naît progressivement d'un phénomène beaucoup plus discret : l'habitude du confort. Les habitants de Mauritia maîtrisent l'eau comme aucune autre civilisation avant eux. Ils construisent des cités harmonieuses, développent une organisation sociale stable et vivent dans une abondance que beaucoup pourraient envier. Pourtant, cette réussite contient déjà sa propre fragilité. À mesure que les besoins essentiels cessent d'être des défis, l'élan collectif s'affaiblit. L'innovation ralentit. La curiosité s'émousse. Les générations suivantes héritent d'un monde qui fonctionne si bien qu'elles n'éprouvent plus la nécessité de le réinventer. Cette idée est au cœur du roman. Je me suis appuyé sur plusieurs travaux en psychologie, notamment ceux de Frederick Herzberg, de Mihály Csíkszentmihályi, de Viktor Frankl, d'Edward Deci et Richard Ryan, ainsi que sur les réflexions de Carl Gustav Jung. Sans transformer le récit en essai, ces recherches nourrissent une conviction qui traverse toute l'histoire : la plus grande menace pour une civilisation n'est pas toujours l'insatisfaction, mais la non-satisfaction, cet état silencieux où plus rien ne manque vraiment, sans que plus rien ne donne véritablement envie d'avancer. Mauritia devient ainsi le symbole d'une inertie douce. Rien ne semble s'effondrer. Tout fonctionne encore. Mais l'énergie créatrice disparaît peu à peu. À travers le personnage de Maleau, je souhaite faire découvrir cette civilisation disparue non comme un âge d'or idéalisé, mais comme un miroir de notre propre époque. Son parcours ne consiste pas seulement à retrouver les traces d'un monde englouti ; il l'amène progressivement à comprendre que les véritables archives d'une civilisation ne sont pas uniquement gravées dans la pierre. Elles vivent dans les êtres humains eux-mêmes. Cette idée rejoint l'un des fondements de l'univers romanesque que je développe depuis plusieurs ouvrages : les « archives des peuples » ne sont pas des trésors destinés à être possédés. Elles constituent une mémoire vivante, transmise de génération en génération, dont les fragments sont dispersés à travers différentes cultures. Dans Mauritia, l'eau devient la métaphore de cette mémoire : elle relie, transporte, transforme et conserve tout à la fois. Le roman s'inscrit dans une intrigue contemporaine située en 2048, où de nouvelles recherches sous-marines dans l'océan Indien révèlent des indices inattendus entre Madagascar, Maurice et La Réunion. À partir de ces découvertes, une enquête scientifique se met en place. Mais, comme dans chacun de mes romans, je refuse les révélations spectaculaires ou les certitudes définitives. Je préfère les traces aux preuves, les questions aux affirmations, les correspondances aux démonstrations. Mon intention n'est pas de convaincre le lecteur qu'une civilisation oubliée a réellement existé. Je souhaite plutôt lui faire ressentir qu'une civilisation ne disparaît pas seulement lorsqu'elle est détruite. Elle commence parfois à disparaître lorsqu'elle cesse de se transformer. Mauritia est donc un roman d'aventure, d'exploration scientifique et de mémoire. Mais il est surtout une réflexion sur notre rapport au progrès, au confort et au sens. À travers cette histoire, je pose une question qui me semble profondément actuelle : Quand une civilisation commence-t-elle réellement à mourir ? Est-ce lorsqu'elle perd ses villes… ou lorsqu'elle perd le désir de construire son avenir ? »
Personnages principaux
Droits disponibles
