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Roman d'anticipation

Terra Australis

Statut

À paraître

Quatrième de couverture

Antarctique, 2029. La fonte des glaces révèle une paroi rocheuse demeurée invisible depuis des millions d’années. Dans cette falaise noire, une équipe scientifique découvre un fossile impossible à identifier. D’abord, Naël Kervran veut croire à un grand animal disparu. Mais très vite, les données sont bloquées. Un protocole secret apparaît : A-1959. Et dans les archives enfouies du Traité antarctique, certains États semblent avoir déjà rencontré ce genre d’anomalie. Pendant ce temps, dans l'est de la France, la famille Keller affronte une autre réalité : celle d’une France qui apprend à vivre sous des températures extrêmes. Les canicules se succèdent, les réseaux cèdent, les villes ferment, les caves deviennent des refuges. Ce qui paraissait exceptionnel devient peu à peu normal. Entre le passé enfoui sous la glace et le présent qui brûle, une même question se dessine : Que fait une civilisation lorsqu’elle comprend trop tard qu’elle dépendait d’un équilibre qu’elle a détruit ? À travers l’Antarctique, le réchauffement climatique, les civilisations anciennes et l’hypothèse d’un peuple du Sud oublié, Terra Australis explore les limites de notre monde moderne. Un roman d’anticipation, de mémoire et de vertige, où la découverte la plus dangereuse n’est peut-être pas celle d’un autre peuple, mais celle de notre propre incapacité à gérer le changement.

Note d'intention

« Note d’intention — Terra Australis À l’origine de Terra Australis, il y a une question simple : et si une civilisation terrestre avait existé plusieurs dizaines de millions d’années avant l’humanité connue ? Je ne cherche pas à affirmer qu’une telle civilisation a réellement existé. Je souhaite explorer cette hypothèse comme une possibilité romanesque, nourrie par des données scientifiques réelles : l’Antarctique anciennement tempéré, le début de sa glaciation, la tectonique des plaques, la disparition progressive des traces, l’érosion, la submersion de territoires et les limites de ce que l’archéologie peut encore retrouver après plusieurs millions d’années. Dans mon récit, cette civilisation vit dans un Antarctique encore habitable. Elle observe peu à peu son environnement se transformer : les températures baissent, les saisons changent, les océans se réorganisent, les glaces progressent. Le danger ne surgit pas brutalement. Il s’installe lentement, par signes successifs, suffisamment discrets pour être minimisés, mais suffisamment cohérents pour annoncer un changement irréversible. Le véritable sujet du roman n’est donc pas seulement l’existence de cette civilisation ancienne. Il est la manière dont une société réagit lorsqu’elle comprend que son monde ne restera pas habitable sous la forme qu’elle connaît. Les anciens ne cherchent pas une réponse unique. Ils développent simultanément plusieurs solutions : adaptation de surface, habitats souterrains, installations sous-marines, migrations vers d’autres terres, structures mobiles, puis exploration spatiale. Leur force ne vient pas d’une technologie parfaite ni d’une sagesse absolue. Elle vient de leur capacité à accepter l’incertitude, à penser sur le temps long et à préparer plusieurs chemins avant que le choix ne leur soit imposé. À cette intrigue principale se superpose progressivement une seconde histoire située en Europe occidentale, plus particulièrement en Alsace. Cette histoire contemporaine n’apparaît pas comme un récit séparé. Elle agit comme un miroir progressif de l’Antarctique ancien. D’un côté, une civilisation voit son monde se refroidir. De l’autre, une famille ouvrière voit le sien se réchauffer. À travers Julien, Sophie et leurs trois enfants, je veux montrer la catastrophe climatique depuis le quotidien, sans passer d’abord par les discours institutionnels ou les grandes décisions politiques. La chaleur entre dans leur vie par le travail, les coupures d’électricité, le manque d’eau, l’asthme d’un enfant, les commerces qui ferment, les transports interrompus, les maisons devenues inhabitables et la question du départ. Le réchauffement contemporain ne constitue pas le sujet premier du roman. Il révèle progressivement le sens profond de l’intrigue antarctique. Les deux récits racontent la même épreuve, mais dans des directions opposées. Les anciens comprennent qu’ils ne peuvent plus dépendre d’un seul territoire. La famille alsacienne découvre peu à peu que l’adaptation individuelle ne suffira pas si les infrastructures, l’emploi, la santé et les ressources cessent de fonctionner. Ce parallèle me permet d’interroger une différence essentielle : la capacité d’une civilisation à agir avant que le danger ne devienne une urgence immédiate. Je souhaite également explorer l’idée que le progrès technique ne garantit pas la survie. Une civilisation peut maîtriser des machines extraordinaires et rester incapable de maîtriser ses peurs, ses rivalités, son besoin de domination ou son refus de renoncer à certaines habitudes. Dans Terra Australis, l’évolution la plus importante n’est donc pas seulement technologique. Elle est intérieure. Les anciens apprennent, au fil d’une histoire très longue, que la violence, l’avidité et la compétition permanente peuvent devenir des facteurs d’effondrement. Leur capacité à durer repose autant sur leur organisation psychologique et collective que sur leurs connaissances scientifiques. Cette idée conduit à l’un des principes centraux du roman : Toute évolution extérieure qui n’est pas accompagnée d’une évolution intérieure finit par menacer la civilisation qui l’a produite. Le récit interroge également notre représentation de l’évolution humaine. Je ne présente pas Homo sapiens comme une simple version inférieure d’une espèce ancienne. Je l’envisage comme une adaptation différente : plus efficace dans l’urgence, plus apte à survivre dans la nature avec peu de moyens, mais peut-être appauvrie sur certains plans cognitifs par rapport aux anciens. Dans cette hypothèse, l’Afrique ne serait pas nécessairement l’origine absolue de toute l’histoire. Elle pourrait être le premier territoire où les traces restent encore visibles, les étapes antérieures ayant été englouties, détruites ou rendues méconnaissables. Les grandes civilisations ponctuelles, les objets controversés, les archives indéchiffrables et certaines figures historiques ne constituent pas des preuves dans le roman. Ils deviennent des fragments, des anomalies, des survivances mal interprétées. Je souhaite que le lecteur comprenne progressivement que les anciens n’ont pas nécessairement transmis des réponses complètes. Ils ont laissé des formes, des méthodes, des structures et des manières de penser que les sociétés ultérieures ont transformées en mythes, en rites, en symboles ou en architectures sacrées. Le roman ne doit jamais imposer une démonstration définitive. Je veux maintenir une distinction entre : les faits établis ; les hypothèses plausibles ; les interprétations ; la fiction. Le lecteur doit pouvoir hésiter. Il doit se demander si les anomalies observées sont les fragments d’une même histoire ou seulement le résultat de rapprochements humains. Il ne rencontrera jamais directement les anciens. Il ne recevra pas une preuve absolue. Il avancera à travers des traces, des archives, des découvertes et des correspondances. Mon intention n’est pas de convaincre que cette civilisation a existé. Je veux rendre son existence suffisamment cohérente pour qu’elle devienne une expérience de pensée. À travers elle, je souhaite poser plusieurs questions : Qu’est-ce qu’une civilisation accepte de transformer pour continuer à vivre ? À quel moment l’adaptation devient-elle un renoncement ? Quand commence réellement une migration ? Peut-on préserver une civilisation sans préserver exactement sa forme initiale ? Que reste-t-il d’un peuple lorsque ses descendants évoluent dans des environnements différents ? Pourquoi attendons-nous souvent que le danger supprime nos choix avant d’agir ? Terra Australis est ainsi conçu comme un thriller scientifique, une fresque spéculative et un roman d’anticipation climatique. Mais derrière l’enquête, les technologies et les civilisations anciennes, je souhaite raconter une seule chose : Deux sociétés séparées par près de quarante millions d’années comprennent que leur monde change. L’une multiplie les chemins avant qu’il ne soit trop tard. L’autre tarde à reconnaître que le temps du choix est déjà en train de disparaître. »

Personnages principaux

1. Les personnages contemporains (intrigue principale) Ce sont eux qui mènent l'enquête scientifique. Professeur Samuel Olsen Rôle : Paléoclimatologue et directeur scientifique de l'expédition antarctique. C'est le personnage rationnel. Il refuse les conclusions hâtives et cherche constamment des preuves. Plus l'enquête avance, plus il est obligé de reconnaître que certaines découvertes ne s'intègrent plus dans les modèles scientifiques actuels. Il est le garant de la crédibilité scientifique du récit. Docteure Maya Singh Spécialité : génétique évolutive ; biologie moléculaire. Elle analyse les fossiles et les tissus retrouvés. Son rôle est de montrer que certaines caractéristiques biologiques semblent appartenir à une lignée inconnue sans jamais conclure prématurément. Gabriel Morel Journaliste d'investigation. Il suit l'expédition. Au début, il pense assister à une découverte scientifique exceptionnelle. Peu à peu, il comprend qu'il est confronté à un secret d'État. C'est le regard du lecteur. Colonel Elena Volkov Responsable de la sécurité internationale. Elle représente : les gouvernements ; les accords internationaux ; les intérêts géopolitiques. Elle protège les chercheurs tout en leur cachant une partie des informations. David Hargreaves Géologue. Il est le premier à comprendre que certaines structures découvertes sous la glace ne peuvent pas être naturelles. Professeur Kenji Watanabe Spécialiste des matériaux. Il étudie les alliages retrouvés. Il montre que certains matériaux semblent incompatibles avec ce que l'on attend d'une civilisation très ancienne. 2. La famille alsacienne (le miroir contemporain) Cette histoire alterne un chapitre sur deux avec l'intrigue antarctique. Julien Keller Ouvrier de maintenance industrielle. Il représente : le travail ; le réalisme ; la difficulté à remettre en question son quotidien. Sophie Keller Employée de grande surface. C'est probablement le personnage qui voit le plus rapidement la désorganisation de la société. Elle observe : les pénuries ; les coupures ; les changements de comportement. Léa Keller L'aînée. Elle comprend avant les adultes que le climat change durablement. Mathis Keller Le fils. Asthmatique. Il est le premier dont le corps souffre directement de la chaleur. Nina Keller La plus jeune. Elle pose les questions que les adultes n'osent plus poser. Elle apporte beaucoup d'humanité au récit. 3. Les anciens (34 à 40 millions d'années) Ils constituent la seconde grande intrigue. Le lecteur ne doit jamais les rencontrer directement. C'est une règle fondamentale du roman. Ils apparaissent uniquement : dans leurs archives ; dans leurs décisions ; dans leurs débats ; dans leurs constructions ; dans leurs traces. Je pense néanmoins qu'il est important qu'ils possèdent des identités fortes. Je vous propose l'organisation suivante. Le Conseil de l'Adaptation Il ne gouverne pas. Il coordonne les différentes réponses au refroidissement. AERON Visionnaire. Il comprend le premier que le refroidissement sera irréversible. Sa phrase pourrait devenir célèbre : « Le climat ne nous chasse pas. Il nous demande qui nous sommes capables de devenir. » NYR Responsable des habitats. Il dirige les projets : souterrains ; sous-marins ; géothermiques. Il refuse longtemps l'idée de quitter l'Antarctique. SELYA Biologiste. Elle travaille sur : l'adaptation des espèces ; les cultures ; la conservation du vivant. Elle est convaincue que certaines lignées devront évoluer différemment. ORHAN Explorateur. Il dirige les grandes migrations vers le nord. Il cartographie : Mauritia ; Madagascar ; l'Afrique orientale. VAYEL Physicien. Il développe les premières technologies spatiales. Pour lui, la Terre ne doit plus être l'unique horizon. ELIOR Philosophe. C'est lui qui introduit l'idée fondamentale : aucune évolution technique ne survivra sans évolution intérieure. Il devient progressivement la conscience morale de la civilisation. Les différentes branches Au cours du récit, le lecteur découvre que la civilisation ne suit pas une seule voie. Elle se divise progressivement. Les Gardiens Ils restent sur Terre. Ils protègent : les archives ; les habitats ; les grands sites. Ils vivent : sous terre ; sous l'océan ; dans des territoires inaccessibles. Les Navigateurs Ils quittent progressivement le système terrestre. Ils explorent : d'autres planètes ; d'autres systèmes. Ils s'éloignent tellement que leur évolution cognitive finit par les rendre incompréhensibles. Les Héritiers Ils choisissent une autre stratégie. Ils accompagnent discrètement l'évolution naturelle. Leur présence devient presque invisible. Ils pourraient être à l'origine de certaines réémergences intellectuelles dans l'histoire humaine. Les antagonistes Je pense qu'il manque encore un véritable antagoniste. Je ne créerais pas un « méchant » classique. Je créerais plutôt une idée. Le Parti de la Permanence Pour eux : L'Antarctique est notre monde. Nous devons le défendre coûte que coûte. Ils refusent : les migrations ; les départs ; les modifications biologiques. Ils représentent le refus du changement. Le Parti du Grand Départ À l'inverse : La Terre n'est plus notre avenir. Ils veulent concentrer toutes les ressources sur les technologies spatiales. Ainsi, le véritable conflit des anciens n'oppose pas le bien au mal. Il oppose deux visions de la survie : préserver le monde que l'on connaît ; accepter de devenir autre chose pour survivre. Je trouve cette opposition beaucoup plus puissante, car elle fait directement écho à la famille Keller en France : eux aussi devront choisir entre rester coûte que coûte ou accepter que leur avenir passe par une transformation profonde.

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